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Sobriété énergétique – écogestes en milieu professionnel

Domestic energy & power saving vector illustration. Green concep

400 millions de tonnes, c’est la quantité de gaz à effet de serre et de CO2 émis par la France chaque année ! L’objectif national : abaisser les émissions de 5 % par an pour arriver à 80 millions de tonnes résiduelles d’ici 2050.

La Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) vise à appliquer les dispositions de l’accord de Paris (2015) afin d’atteindre une neutralité carbone d’ici 2050, soit l’équilibre entre les émissions et l’absorption du carbone présent dans l’atmosphère par les puits de carbone. Réjouissons-nous que l’économie mondiale s’empare du sujet pour converger vers une transition écologique organisée. 

 

Halte aux idées reçues sur la sobriété énergétique !

Faut-il couper le chauffage quand on sort ?  La réponse est OUI mais… cette habitude permet d’économiser de l’énergie même si elle peut générer un inconfort ponctuel. 

 

=> La question serait plutôt : pour rester sobre, est-il nécessaire de programmer le chauffage pour un redémarrage du système avant de rentrer dans un bâtiment ou faut-il accepter l’idée de grelotter 30 minutes, le temps que les radiateurs thermostatiques se relancent, avant d’atteindre une température convenable au moment de l’occupation ? 

 

Même dynamique quand on sort d’un bâtiment : on peut raisonnablement arrêter la fonction chauffage quelques minutes avant le départ si on admet un léger inconfort pour limiter gaspillage et surconsommation.

 

Pour quelles raisons acceptons-nous de modifier notre état d’esprit et quels sont les changements à la portée des utilisateurs ? Engagements environnementaux, prix de l’énergie, contrainte légale pour les professionnels… À chacun sa priorité. 

 

Gérer son rapport à l’énergie autrement par conviction écologique

Nous vivons un changement de paradigme. À ce titre, la solution viendra de la conversion écologique pour diminuer la pollution directement sur le lieu de consommation. Quand on est convaincu, les écogestes deviennent intuitifs, et les efforts des évidences. 

 

Dans un premier temps, un autodiagnostic aide à changer les usages :  modifier un thermostat, réduire la quantité d’eau chaude pour se laver les mains, arrêter l’éclairage d’un parking la nuit, nul besoin d’attendre un audit professionnel ! 

 

On peut même pousser la démarche écologique jusqu’à l’expérience sociale. Certaines structures mettent en place des “comités d’économie d’énergie” animés par des utilisateurs : salariés en entreprise, enseignants dans les établissements scolaires… qui connaissent bien les lieux et les problématiques spécifiques. Ici, l’idée est de s’appuyer sur l’humain pour  trouver des gisements d’économie d’énergie et formuler des pistes d’amélioration quant aux usages. 

 

Autres initiatives, le championnat de France des économies d’énergie qui travaille sur le collectif en faisant jouer l’esprit sportif de chacun, ou le programme “Cube S” proposé par Le Cèdre pour les établissements scolaires adhérant à notre groupement d’achat.

 

Consommer moins pour des raisons économiques

Entre 40 et 60 ans, c’est la quantité d’énergie fossile encore à notre disposition. Lorsque l’énergie était abondante et peu coûteuse, on se focalisait moins sur l’optimisation de la consommation. Désormais, tout l’enjeu réside dans notre capacité à anticiper la pénurie annoncée. 

 

Adoptez une attitude proactive pour réduire la charge budgétaire et minorer l’impact de la crise énergétique sur vos activités ! En couplant un travail sur les usages à un état des lieux de la performance du bâtiment, vous pourrez ordonner votre feuille de route sur plusieurs années.

 

Faut-il commencer par isoler le toit ou changer les fenêtres pour pallier la déperdition d’énergie ? On peut bien entendu réaliser un autodiagnostic préalable pour se lancer dans les premières étapes de sobriété mais auditer l’efficacité énergétique d’un lieu de consommation est un travail de spécialiste : les bureaux d’études habilités à réaliser des diagnostics professionnels proposent une prestation qui peut sembler onéreuse, en particulier pour les petites structures. En revanche, il existe des subventions octroyées pour faciliter le financement des travaux de rénovation (mission chaleur de l’ADEME).

 

Cas pratique : si vous disposez d’une seule grande chaudière à fioul pour chauffer les 2000 m2 d’un bâtiment mal isolé, une puissance importante d’environ 400 kWh sera nécessaire pour atteindre une température à peine acceptable. 

 

  • Un remplacement coûterait 700 000 euros HT
  • Vous décidez de conserver ce mode de chauffage ? En se basant sur l’indice actuel des prix du fioul domestique, la note s’élèverait à +20 000 euros/an.

 

Quelle est la bonne solution ? Au regard des budgets en jeu, un audit énergétique, dont les prix oscillent en général entre 3 000 et 6 000 euros, pourrait éclairer la prise de décision.

 

Se soumettre à la contrainte légale

La bonne volonté  n’étant malheureusement pas suffisante pour atteindre des objectifs si ambitieux, le législateur prend le parti de soumettre les professionnels à des contraintes réglementaires. 

 

  • En 1974, juste après le 1er choc pétrolier, cela se traduisait par une obligation de moyens : en construisant, on devait s’engager à utiliser une certaine épaisseur d’isolation en toiture, à utiliser telle isolation de sol plutôt qu’une autre… 

 

  • Un changement de stratégie s’est matérialisé avec l’entrée en vigueur du décret tertiaire. Les propriétaires de locaux de plus de 1000 m2,  occupés par des activités du secteur tertiaire, sont soumis à une obligation de résultat : réduire les consommations d’énergie fossile de 60 % d’ici 2050. Avec des paliers fixés à -40 % en 2030  puis -50 % en 2040. Plusieurs chemins s’ouvrent aux propriétaires : changement de chaudières, énergies renouvelables, remplacement des fenêtres, traitement de la ventilation. Peut-être même une combinaison de plusieurs projets, tant qu’on atteint l’objectif.

 

Sobriété énergétique : top 4 des actions concrètes

 

Des changements rapides sont à la portée de tous les utilisateurs pour trouver les gisements d’économie. 

 

La sobriété individuelle peut aussi être soutenue par l’intervention ponctuelle d’un spécialiste (ex. chauffagiste) pour vérifier et corriger les réglages des appareils.

 

Voici une manière de diminuer les dépenses énergétiques sur les cinq principaux postes de dépenses classés par ordre d’importance.

 

Chauffage/climatisation/ventilation

  • adaptez les consignes de température des locaux en fonction de l’usage
  • planifiez les activités dans un bâtiment ou une partie de bâtiment. Ex : regrouper les horaires d’utilisation, rapprocher les salles utilisées, réduire l’intermittence…
  • luttez contre les “radiateurs froids”. Ex : incitez les usagers à s’éloigner des parois froides, des murs, des piliers, des portes, des lieux en courants d’air…
  • assurez-vous du cloisonnement thermique des locaux. Ex : soignez particulièrement la fermeture des portes pour éviter que les volumes d’air avec des consignes différentes soient mélangés
  • pensez aux comportements, aux usages des locaux dits “inchauffables”. Ex : chauffer un immense hall d’entrée alors qu’il n’y a qu’une personne à l’accueil de la journée, ou plutôt se poser la question de trouver d’autres solutions pour que le collaborateur garde un certain confort ? Maintenir un lieu de culte à 17°C ou 19°C 24h/24, 7j/7 ou plutôt agir sur les autres paramètres du confort thermique (habillement, bancs, radiateurs froids…)
  • songez à installer la VMC double flux (ou hygroréglable, voire à débit pilotable)

 

Eau chaude sanitaire 

  • coupez l’alimentation d’eau chaude aux lave-mains
  • pensez au calorifugeage : un isolant de classe 6, c’est 50 % de perte en moins par rapport à un isolant de classe 2. 
  • déclenchez votre ballon d’eau chaude sanitaire électrique aux heures creuses 
  • installez des douchettes basse consommation et des mousseurs de robinets 
  • adaptez la température de l’eau chaude 
  • entretenez vos installations : 1 mm de tartre = + 9 % de consommation d’énergie

 

Éclairage

  • privilégiez la lumière naturelle en plaçant les bureaux et les postes de travail le plus possible près des fenêtres
  • dépoussiérez les lampes, abats-jours, appareils d’éclairage : 40 % de luminosité gagnée 
  • misez sur les couleurs claires pour décorer votre intérieur (murs, sols, abats-jour…) pour mieux réfléchir la lumière
  • installez des détecteurs de présence et réglage des temps d’allumage : 15 à 30 % d’économies 
  • équipez-vous en lampes LED et limitez le sur-éclairage pour 6 à fois 7 moins d’énergie consommée par rapport aux autres types d’ampoules, investissez dans un détecteur crépusculaire → 40-60 % d’économies et utilisez l’option veilleuse.
  • combinez une horloge à un détecteur de mouvement pour l’éclairage extérieur de nuit

 

Équipement électrique, bureautique & numérique

  • éteignez les ordinateurs individuels hors occupation, idem pour les écrans dans les espaces d’accueil
  • installez des prises à interrupteur pour stopper la consommation des transformateurs
  • arrêtez les répartiteurs informatiques hors occupation
  • limitez la consigne de climatisation à 27°C dans les locaux des serveurs
  • programmez, la veille, les photocopieurs au bout de 5 minutes arrêtez-les hors occupation
  • vous exploitez une cuisine professionnelle : pensez à la cuisson de nuit, à l’optimisation des cycles de lavage, au dégivrage, à l’entretien des groupes froids et à l’arrêt des ventilateurs des armoires froides si non nécessaires

 

Après avoir travaillé sur les actions humaines (usages et réglages des équipements),  comment mieux acheter le fioul domestique, le gaz naturel et l’électricité, et si possible moins cher ? 

 

En parallèle de ces gestes indispensables à la bonne gestion de l’énergie, il s’agit également de s’attacher à la question de la fourniture d’énergie. Généralement, les contrats énergie sont conclus pour 3 ans, actionnez ce levier sans trop tarder. Ne tombez pas dans le piège de la reconduction de contrats avec des échéances oubliées ! 

 

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